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8月28日
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La métropole du Sud, endormie dans sa tranquillité, a besoin qu'on s'intéresse à elle pour déployer son charme.
La ville des Cayes, fondée en 1503 sous Nicolas Ovando, est la ville la mieux tracée d'Haïti. Aujourd'hui, elle est saturée ; si rien n'est fait, tout comme Port-au-Prince, son charme sera effacé à jamais, vaincu par des pulsions débridées d'unités urbaines désarticulées, par des furoncles, des cratères de pus dans nos paysages. Sans forcer la note qui n'est nullement comparable à Port-au-Prince, il faut souligner que du côté de Bergeaud, de Vernet, de Pèlerin, l'instinct anarchisant de la populaton réclame le polissage des moeurs et la bride.
Des constructions anarchiques à Gelée
La mairie de la commune des Cayes a fait construire, au bénéfice des marchandes dix maisonnettes, sur la plage la Tourterelle, du côté de la Savane, grâce à l'aide de l'OIM. Sur ce site balnéaire, les gens des milieux défavorisés profitent du chant des vagues, des terrains de jeux et des fontaines à eau. Auparavant, des logements sociaux ont été construits par l'Entreprise publique pour la promotion des logements sociaux (EPPLS). Les misères fouettées par la mer sont une constante dans notre singulier petit pays.
La tendance à coloniser le bord de mer, à offrir l'image misérabiliste d'Haïti est une tendance nettement en hausse. Sur la plage de Gelée, la même image de saleté sert de carte postale au chef-lieu du département du Sud. Les tentes plantées sur le sable reproduisent le décor de nos bidonvilles.
Pendant que les Cayes sont en fête, des milliers de gens se retrempent dans cette ambiance, déferlent sur les plages et dans les rivières. Nous profitons de cet air festif pour visiter la ville et rencontrer des personnalités. Après avoir soulevé les problèmes d'électricité avec le responsable de l'EDH régional Sud et Grand'Anse, nous laissons la rue Nicolas Geffrard et nous nous rendons en taxi-moto à la mairie des Cayes sise à la rue Sténio Vincent. Le maire, M. France, submergé par son travail, laisse le soin au maire adjoint, Mme Sylvie Rameau, de nous renseigner sur la commune des Cayes.
Les charmes d'une presqu'île
Prenant un plaisir à vanter les charmes des Cayes et celles de toute la presqu'île du Sud, le maire adjoint, tout en étant assis dans son bureau, nous donne l'envie d'aller visiter le Pic Macaya où l'on rencontre des espèces d'oiseaux comme le « kason rouj » que l'on ne retrouve nulle part. Elle nous parle des eaux diaphanes qui coulent dans le lit des montagnes, serpentent dans les plaines, et se jettent dans les mers chaudes de la presqu'île où s'étire à perte de vue du sable de velours. Elle égrène des noms : Port-Salut, Bourin, Torbeck, Arniquet, Côteaux,"Ile-à-Vache", Port Morgan. « La presqu'île du Sud, voyez-vous, c'est 190 kilomètres de côte ! » |
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Des sites perdus sont ressuscités dans notre mémoire, quand Mme Rameau éveille des noms ; des sites enlisés sous les eaux des tragédies politiques prennent vie en nous. Elle nous parle des grottes de Kounoubois, de Saut-Mathurine, nous met sur les pas d'un site religieux aux Côteaux. « Dans le Sud, nous avons notre terre sainte, notre Saint Jacques de Compostelle. Désormais, chaque année, les pèlerins gravissent les 500 marches de la chapelle de la Médaille miraculeuse pour jeûner, prier et se mettre plus près de Dieu », exulte-t-elle.
Haïti, nous rappelle le maire adjoint, n'est pas Port-au-Prince. De ces malheurs qui arrivent à la République, indique-t-elle, nous pouvons tirer une leçon. « Pendant que la violence sévit à Port-au-Prince, les Cayes respirent la paix, le calme et la tranquillité ». Climat propice aux investissements.
Mettant un accent particulier sur l'électricité, l'eau en abondance, la grande plaine verte, ouverte aux investissements locaux et étrangers, elle nous apprend que dans le Sud, le vétiver asseoit la richesse de bien d'investisseurs. « Sur le marché international, le vétiver est très recherché », dit-elle.
En chantier
Nous avons trouvé une mairie en plein chantier. Pendant que nous nous entretenons avec le maire adjoint, les ouvriers s'activent. Mme Rameau nous a permis de voir les locaux qui sont en train d'être aménagés : salle de conférence, bureaux, bloc sanitaire, entrepôts...
Sur le chantier, elle nous dit sur un ton de confidence : « Quand nous sommes rentrés à la mairie, les employés n'avaient pas touché un rond depuis dix mois. Et nous avons dû payer plus de 2 millions de gourdes de dettes ». Elle explique que c'est grâce à un redressement au niveau de la Contribution Foncière des Propriétés Bâties (CFPB) et d'autres impôts que toutes les dettes ont été épongées. De plus, elle a fait savoir que tous les mois, les employés de la mairie reçoivent régulièrement leur salaire.
Sautant à pied joint sur ce qu'a réalisé l'administration communale des Cayes pendant la transition, elle cite pêle-mêle : le redressement des taxes, l'assainissement de la ville, l'adoquinage de certaines rues, la réparation de quelques salles de classe, la construction des gabions en vue de protéger les berges de la Ravine du Sud (construction en cours), l'agrandissement du marché-relais à la rue Sténio Vincent (construction en cours). Ces travaux sont réalisés, précise le maire adjoint, grâce au support de la CARITAS, de l'OIM, de CRS, de l'USAID, de Terre des Hommes et d'autres partenaires.
La prochaine administration de la mairie des Cayes a du pain sur la planche. Cette mairie est dépourvue de matériel roulant pour ramasser les détritus, pas même une motocyclette au service des collecteurs d'impôts !
Nous laissons la mairie avec la brûlante idée de visiter, le lendemain, le port des Cayes vis-à-vis de l'île-à-Vache. |
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La métropole du Sud est desservie par onze stations de radio; trois stations de télédiffusion : RTMS, Canal 9 et Canal 12. Pas une salle de cinéma.
Les ministères de la Culture et de la Communication, du Tourisme, du Commerce, de l'Environnement pour ne citer que ceux-là, ne sont pas représentés aux Cayes. Le vent de la déconcentration et de la décentralisation n'a pas soufflé pour ces ministères. Les Cayes n'ont pas de parc industriel. Sa jeunesse est livrée au chômage. |
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Le port des Cayes est une caricature de port. Parsemé de trous béants, ce quai en ruine a causé des dommages à des commerçants. Au cours de ce mois, un pan du débarcadère a cédé sous le poids d'un camion chargé de sacs de ciment; le véhicule s'est retrouvé dans la mer. Bilan : un mort. |
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| 8月11日
Entre Saint-Louis du Sud et Les Cayes, se trouve au bord de la Nationale # 2, Cavaillon. La ville traversée par la rivière, porte le même nom. L'un des plus importants fournisseurs d'écrevisses du pays, la ville de Cavaillon repose tout son avenir touristique sur sa rivière. D'ailleurs, c'est grâce à cette dernière que la ville a pu réunir plus de vingt mille visiteurs et habitants de la zone, les 3, 4, 5 et 6 août 2006, à la deuxième édition du festival de la rivière.
La ville de Cavaillon échappe jusqu'à présent à l'anarchie des bidonvilles qui menacent beaucoup de centres urbains de la province. Les rues, soigneusement tracées du centre-ville, ont été « adoquinées » entre 1996 et 1997 au cours du passage de Rosny Smart comme Premier ministre. Le centre-ville et une bonne partie de la première et de la deuxième section communale (Boileau et Martineau) ont été électrifiés en juin 1982, sous Jean-Claude Duvalier. Aujourd'hui, la ville est branchée sur le même réseau que la ville des Cayes et bénéficie d'une moyenne de 12h d'alimentation par jour. La ville de Cavaillon et tous ses environs disposent d'un système d'adduction d'eau potable depuis le milieu des années 80. Très loin à Martineau, nous avons remarqué des fontaines dans la cour de beaucoup de maisons de paysans.
Côté sanitaire, Cavaillon possède un centre de santé qui fonctionne présentement très mal, nous rapporte un habitant de la zone. Mais à environ une dizaine de kilomètres de la ville, il y a l'hôpital Bonne-fin qui fournit des soins de santé de qualité.
Les besoins de la ville
Cavaillon est certes, une ville charmante qui n'a pas encore perdu sa verdure et ses atouts, dont sa rivière. Toutefois, beaucoup reste à faire par les autorités responsables et les riches familles de cette localité, pour améliorer les conditions d'existence dans cet endroit aux allures paradisiaques. Par exemple, la ville ne dispose pas de structure d'accueil. Il n'existe aucun hôtel à Cavaillon. Laissant le centre-ville, on fait face à une route cahoteuse qui devient impraticable après la pluie. Les Cavaillonnais languissent dans l'attente de la réouverture de la FACOLEF, une usine qui fabriquait de la pâte de tomate, partiellement incendiée en 1985. C'est cette usine qui fabriquait la célèbre pâte de tomate, Délicia qu'on exportait même à l'étranger. Cette usine était génératrice de beaucoup d'emplois dans la zone et permettait à beaucoup de familles de subvenir à leurs besoins grâce à la culture de la tomate.
Toutes les conditions sont réunies pour faire de Cavaillon une ville touristique extraordinaire avec ses belles eaux, sa verdure, ses denrées aquatiques et ses sites historiques, comme la Cité Borgella... De toute façon, de l'espoir, les Cavaillonais peuvent en avoir, car selon ce que nous a confié la Ministre à la Condition Féminine, Mme Marie Laurence Jocelyn Lassègue, Cavaillon est la première ville du pays à avoir déposé son cahier de charge auprès du gouvernement dans le cadre de sa politique globale de développement Continuer >
Cavaillon, origine, infrastructures...
La ville de Cavaillon a été tout d'abord une cité française fondée en 1776 par un Français du nom de Platel Mageste. Selon les derniers chiffres avancés par le maire principal de la ville, M. Guy Marie Duverné, il y a actuellement à Cavaillon quarante-cinq mille (45 000) habitants en âge de voter. La commune de Cavaillon comprend le centre urbain et les cinq (5) sections communales, dont Boileau, Martineau (site du festival de la rivière), Gros-Marin, Marc-Éric et Laroque. La commune de Cavaillon compte vingt-cinq (25) institutions scolaires, dont six (6) publiques. Dans la ville de Cavaillon on trouve le Collège Notre Dame du Perpétuel Secours, objet de fierté des Cavaillonnais. Car cette école compte parmi les meilleures du Département du Sud. « D'ailleurs, c'est la seule de tout le département du Sud à pouvoir donner d'aussi bons résultats que Mazenod, à Camp-Perrin », explique fièrement Jean François Alexis, Journaliste à Radio Vision 2000.
Personnalités de Cavaillon
Cavaillon est la ville qui a vu naître d'importantes personnalités qui, pour la plupart, ont occupé de hautes fonctions au sein de l'Etat. Il faut citer l'actuelle ministre à la Condition Féminine et aux Droits
de la Femme, Mme Marie Laurence Jocelyn Lassègue; la titulaire du Commerce et de l'Industrie, Mme.
Magguy Durcé; le célèbre athlète haïtien, Sylvio Cator; l'acteur et poète, Fresnel Larosilière; deux anciens chefs de gouvernement, Rosny Smart et Yvon Neptune. Il faut également citer le professeur Luc Smart. Tous fiers de leur ville. C'est pourquoi, tout ce beau monde était présent à Cavaillon, pendant le festival au cours du week-end écoulé. Cavaillon est aussi la ville d'origine du producteur Jean Claude Verdier et de l'homme d'affaires, propriétaire de Caribean T-Shirt, M. Ernst Aïs.
Cavaillon parle Digicel
En 1985, la compagnie publique de télécommunication, Téléco, a inauguré un centre d'appel dans la ville de Cavaillon. Mais suite au départ d'Aristide en février 2004, certains partisans violents de ce dernier ont saboté tout le système téléphonique de la ville, nous apprend un habitant de la ville. Cependant, la population a pu renouer avec la communication téléphonique avec l'arrivée, sur le marché, de la nouvelle compagnie de téléphone cellulaire. Dans la broussaille, dans un coin reculé de Martineau, nous avons été surpris et content de voir un paysan conduisant son boeuf à la rivière avec son Motorola C-115 conversant avec son fils qui étudie en République Dominicaine. Actuellement, Digicel est la seule compagnie de téléphonie qui fonctionne à Cavaillon et ses environs. « Cette compagnie a été pour nous un véritable soulagement, car avant son arrivée, pour communiquer avec nos enfants et nos parents de l'extérieur, on devait parcourir environ une vingtaine de kilomètres jusqu'à la ville des Cayes. Aujourd'hui, dans les champs, au marché, au bord de la rivière, je communique avec mon fils qui étudie à Port-au-Prince », nous raconte un octogénaire. Gaspard Dorélien gasparddorelien@lenouvelliste.com
Beaux reportages
Ces derniers temps on ne parlent d’Haïti que dans ses tristes et macabres actualités. Kidnapping, assassinats, gangs armés, insécurités sont certes les vocables les plus utilisés pour décrire et simplement parler d’Haïti.
Les médias toujours friands de ce qui permet de marchander les nouvelles ne prennent pas souvent la peine de circonscrire la problématique de l’insécurité qu’aux limites de la Capitale Port-au-Prince et de quelques quartiers de la ville des Gonaïves.
Port-au-Prince est en effet devenue tristement célèbre par ces bidonvilles malfamés comme cité soleil, cité militaire, martissant etc.
Certains, s’ils étaient animés de bonne foi verraient tout simplement dans cette manière de présenter le pays, une volonté expresse de certains secteurs qui ne veule que parler que d’insécurité alors que la situation n’est sûrement pas beaucoup plus grave que ce qui se passe dans des pays pas trop loin d’Haïti mais qui ont forcément autre chose à vendre que des nouvelles catastrophiques.
Nous autres qui aimons ce pays et qui sommes convaincus que la situation que subissent les haïtiens répond forcément à des raisons qu’eux-mêmes ne pourront jamais soupçonner, nous vivons en quête de bonnes nouvelles, de nouvelles rassurantes pour montrer aux haïtiens d’abord et aux autres que le pays est encore bel et bien vivant.
A travers de jolis blogs de coopérant supportant les haïtiens dans différents domaines nous croisons tous les jours un visage souriant et serein de ce pays qui fut la perle des antilles.
Le nouvelliste, dans un travail sérieux et professionnel participe à l’élaboration de cette image à travers des reportages très simples et surtout très humains.
Pour nous c’est de bon augure et c’est justement animés de cette même volonté que nous transcrivons ces reportages qui parlent de certaines régions géographiques qui nous reviennent à la mémoire comme cette chanson bizarre comme dirait l’autre…
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